Le Porche sud de la Cathédrale Notre-Dame

On l’a souvent qualifié de grand portail. En haut du pignon, trois niches contenaient autrefois les statues des saints Antoine le solitaire, Louis et Denis (fin XIV ème). Les gargouilles ont été remises en service en 1999. Au fronton, cadran solaire de 1610 par un audomarois, Jacques Alain. Le cadran solaire inventé il y a 5000 ans et utilisé par les Egyptiens. Restauré en 2014 (40.000 €). On peut aussi lire la date et les signes du zodiaque. Il est faux, probablement à cause du style. Vers 1740, constructions de piédestaux carrés surmontées de pots-à-feu aujourd’hui disparus , pas du tout dans l’esprit gothique. Le pavement usé est de 1442, en grès de Béthune.
Tympan du début XIII ème siècle : un des derniers témoins en France de cette période ( mais têtes refaites au XIX ). Jugement Dernier que l’on voit souvent sur le portail occidental. Une hypothèse était qu’il avait été démonté lors de l’agrandissement. Il est plus probable que l’extrémité du transept était déjà construite quand le chantier s’est interrompu. Aux extrémités du registre supérieur, deux anges sonnent de la trompette. Le Christ du Jugement n’est pas assis, comme le veut la coutume, mais il est debout et semble faire un pas en avant. C’est le Seigneur qui vient, qui surgit en pleine gloire. Il porte la couronne d’épines et il élève les mains en signe de bénédiction. Les paumes montrent la marque des clous : il a vraiment été crucifié. La Vierge et saint Jean sont agenouillés, les mains jointes très hautes en signe de supplication. A leurs côtés deux anges tiennent les instruments de la Passion (= arma Christi = victoire sur la mort) : la croix et la lance pour un ange / l’éponge au bout d’un roseau pour l’autre. En dessous, les morts sortent de leurs tombeaux ou de leurs urnes enveloppés de leur suaire. Au dessous encore, un ange sépare les bons des méchants. Les élus à la droite du Christ sont conduits par un ange vers le Ciel. Ils sont espacés et libres de leurs mouvements. Ils sont reçus dans un large voile ou linge, « le sein d’Abraham » : parmi les cinq petits personnages, l’un est mitré (un évêque), un autre couronné. Leurs visages expriment le bonheur. A la gauche du Christ, un démon entraîne un damné tête en bas. Les damnés sont emmenés au son du tambour et de la flûte vers la gueule de l’Enfer. Un grand démon met un damné couronné dans l’enfer. Les figures de l’Enfer ont toujours inspiré les sculpteurs (= imagiers) bien davantage que celles du Paradis. Ici une bête infernale plutôt qu’un feu.
Sur le trumeau entre les portes jumelles, figurait autrefois une statue de saint Omer. Elle a été remplacée par une statue de Vierge au début du XVI ème siècle ( style maniéré ). Il a été fortement retouché notamment dans la partie haute. La statue est posée sur un socle figuré, sculpté dans la masse. Placée sous un dais à ogives accolées. La Vierge porte une coutonne fleurdelysée et porte un voile. Elle retient les plis de son manteau sous son bras droit. L'Enfant tient le globe. Socle avec animal fantastique et lion. H = 1,70 ; Traces de peinture bleue dans les drapés de la Vierge, et de dorure. Bras droit de la Vierge manquant, et les deux doigts bénissant de Jésus. Quelques épaufrures et éclats dans les vêtements. Le buste et l’enfant ont été refaits au XIX ème siècle.
Les 4 encorbellements qui supportent les linteaux, sont décorés d’un relief : deux anges de chaque côté de la Vierge, le Christ entre les pèlerins d’Emmaüs et Samson.
Les ébrasements sont en pierre de Marquise, gélive fragile + saccagées à la Révolution. Saint Omer devient évêque / Prédication d’Omer / Jeune moine écervelé / Un arbre lumineux planté par Omer / Baptême d’Adroald (à droite). Programme qui s’inspire du manuscrit n° 698 daté du XI ème siècle ( vers 1060 ), manuscrit enluminé conservé à la bibliothèque.
Sur les portes, 2 anneaux de bronze attachés à des figures grotesques. On venait les toucher au Moyen Age pour implorer le droit d’asile, dés le IX ème siècle. ( Ils ont été replacés plus haut à cause des abus du droit d’asile ).
anneaux de bronze Voilà la description de Wallet dans son ouvrage "Description de l'ancienne Cathédrale" paru en 1839 à la page 89 :
"Anneau de l'un des battans de la porte, dessiné à l'échelle de 1/10ème. Cet anneau de bronze de grande dimension , et qui a son pendant sur l'autre battant de la porte, nous a paru digne de remarque, tant à raison de son style particulier, qui le reporte au-delà du XIII ème siècle, qu’à raison de l'usage ancien et singulier qu’il semble rappeler. L'abbé Lebeuf nous raconte que jadis, et surtout dans le IX ème siècle, l’une des dépendances des églises où l'on prétoit les sermens, et où pouvoient s'arrêter en sûreté ceux qui y recouroient comme à un lieu d'asyle, étoit l'anneau de la grande porte qu'ils empoignoient, ou dans lequel ils passoient leur bras. Mais dès qu'on ent compris tout l’abus de ces sortes d'asyles, on détacha les anneaux des portes, ou du moins pour en conserver le souvenir, on ne les y appliqua plus qu’à une hauteur assez grande pour que personne n’y pût atteindre. Telle est l'explication de l'abbé Lebeuf sur l'existence d'un anneau qui se trouvait au pignon du frontispice de l’église Sainte Geneviève-du-Mont à Paris, Cette conjecture, assez vraisemblable, ne pourrions-nous l'appliquer également aux anneaux du portail de Notre-Dame ? Ils y sont élevés à plus de neuf pieds, et par conséquent hors de toute portée de la main."

Le grand portail construit entre 1250 et 1275

Voilà la description de Wallet dans son ouvrage "Description de l'ancienne Cathédrale" paru en 1839.
Ce portique élevé sur sept degrés et surmonté d'une voûte en ogive, est décoré de colonnes légères, qui reçoivent à leur retombée les nervures de cette voûte, et forment comme autant de travées, dont une partie se rétrécit vers le fond, de telle sorte que les nervures, devenues concentriques, ajoutent par moyen ingénieux à un effet de perspective. Ces nervures sont enrichies de fleurons renversés, et si légèrement évidés en dessous qu'ils ne tiennent à chacune d'elles que par l'extrémité de leurs feuilles. Sur les parois évasées du portique et entre leurs colonnes se trouvent 6 figures d'anges en pied ayant chacune à la main une espèce de philactère sur lequel était tracé sans doute une légende. Ces anges sont couronnés de larges dais d'un travail délicat, et au-dessus des quels se succèdent en remontant entre les nervures 50 figurines mutilées avec leurs dais particuliers. Toute cette richesse de décors met en valeur le Tympan et la porte d'entrée élevée sur 4 degrés et divisée par un trumeau en pierre orné de la statue 'Notre-Dame". Le tympan est sculpté, en grand relief de nombreuses figures représentant le Jugement dernier. Le soubassement du porche, ( tant à l'intérieur qu'à l'extérieur ), est revétu d'ornements d'un fini d'exécution et d'une richesse de détails vraiment remarquables . A sa partie inférieure, mais au-dessus de la plinthe, se dessine en léger relief, une élégante frise, formée d'un réseau diagonal de fleurs de lys entremêlées, de tours et de fleurons. Plus haut se voit une série de petites arcades ogivales, trilobées et avec pignons, que les chroniqueurs appelaient tabernacles continus, et au milieu desquelles ont été sculptées des figures relatives, doit-on croire d'après celles qui restent, aux différents traits de la vie et des miracles de saint Omer.

porche sud -  cathédrale de saint-omer


porche sud -  cathédrale de saint-omer


Ce portail "Royal" date de la seconde moitié du XIII ème siècle. L'avant-porche date du milieu du XV ème siècle.
Son tympan représente le jugement dernier. Le Christ est représenté debout les mains levées. Il montre les traces de clous qui l'ont fixé à la croix. C'est ce qu'on appelle l'ostension des plaies.
A chaque extrémité de la plus haute sculpture deux anges agenouillés sonnent de la trompette pour annoncer le jugement dernier. Puis deux autres anges : l'un à droite tient l'éponge imbibée de vinaigre que donna un soldat au Christ pour étancher sa soif, et un autre à gauche qui tient une croix et la lance qui perça le flanc du Christ. Au centre de chaque côté de Jésus, Marie et l'apôtre Jean l'Évangéliste supplient à genoux, le Christ d'être miséricordieux au moment du jugement dernier. Le Christ est le personnage principal du tympan.
Au dessus du rinceau du linteau, à l'extrémité gauche les bonnes personnes se dirigent vers Abraham, le personnage assis qui ressemble au Christ, et qui tient un voile sur ses genoux enveloppant cinq personnages dont un roi et un évêque. A droite, les méchantes personnes partent pour l'enfer qui est représenté ici par la gueule ouverte d'un monstre. Ils sont poussés dans cette gueule par le diable à tête cornue et aux pieds fourchus.
Au centre de cette sculpture, les morts nus sortent de leur tombe et regardent vers le Christ : les élus à droite du Christ et les damnés à sa gauche.
Rémy CORDONNIER - Docteur en histoire de l'art nous apporte la précision suivante : sur le linteau, au centre dans le rinceau, figurent les armoiries les armoiries de la ville de Saint-Omer ( la croix patriarcale de Jérusalem ). Il convient de noter que cette frise de rinceaux avec la croix patriarcale fait partie de la portion du tympan restituée ( à l'identique ou non ? ) au XVII ème siècle, elle n'a donc presque rien de médiéval, ( cf. Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France, Lille, 2017, p. 128 et le plan 151 : cette portion a été largement refaite entre le XVIII ème siècle et 1839 ).




plan des porches -  cathédrale de saint-omer



Phases de construction du portail méridional

Sur le croquis ci-dessous les différentes phases de travaux de construction du porche y sont détaillées par Ludovic Nys.
Pour les passionnés d'histoire et d'architecture, nous vous recommandons le magnifique livre de "LUDOVIC NYS, BENOÎT VAN DEN BOSSCHE Hors série N° 25. 2017 de la Revue du Nord" ICI mise à jour du 04/04/2026.

Sous ce croquis de Ludovic Nys vous pouvez observer une lithographie d'emmanuel Wallet qui date de 1839, ou les 3 statues d'anges sont bien visibles.

phases des travaux porche sud -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026
Wallet 1839 porche sud -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026


porche sud -  cathédrale de saint-omer - sculptures du boeuf et du lion

Le Boeuf et le Lion

In medio bovi atque leonis

Vous pouvez admirer sur les deux photographies ci-dessous, au dessus du porche méridional deux sculptures hautement symboliques, le "Lion" et le "Boeuf". Voilà les précisions apportées le 17/04/2026 par notre contributeur Rémy Cordonnier :

Le portail méridional de la basilique Notre-Dame de Saint-Omer est de loin le plus spectaculaire des trois accès à ce vénérable édifice. Son décor sculpté, bien que très endommagé et largement retouché à l’époque moderne, témoigne encore d’une splendeur et d’une magnificence particulières qui se traduisent par un programme sculpté d’une grande richesse iconographique. Le tympan, la voussure et les ébrasements sont bien connus et ont fait l'objet de nombreuses études. Le décor des parties hautes du porche n'a pour sa part pas attiré l’attention jusqu’ici. Il est certes beaucoup plus sobre que le reste, mais comprend néanmoins des éléments sculptés intéressants qui nous donnent un indice sur l’usage particulier qui pouvait être fait de cet espace durant la première moitié du Moyen Âge. Nous proposons ici une nouvelle lecture de ces figures. En l’occurrence un lion et un bœuf sculptés en encorbellement dans le haut des écoinçons du porche et jusqu’alors présentés comme de simples gargouilles. Les deux sculptures qui nous intéressent se trouvent dans l’angle des écoinçons dessinés par l’archivolte de la voussure et le larmier situé sous la balustrade du porche. Cette partie du portail est désormais datée de la seconde moitié du XIIIe siècle : « Le portail du XIIIe siècle, et ce y compris la structure de l’archivolte et les ébrasements, s’inscrivent de façon cohérente dans le massif méridional constitué des deux puissants contreforts d’angle dont l’ensemble du décor architectonique, à l’évidence, est contemporain » . Gilles et Nys ne font pas spécifiquement état des écoinçons, mais la mention du massif méridional permet de les inclure dans la datation proposée. Ces deux éléments ont été mutilés probablement déjà à l’époque moderne , et lourdement restaurés au XIX ème. Le meilleur témoin en est la lithographie réalisée par Lemercier à partir d’un dessin d’Emmanuel Wallet daté de 179.

Le Boeuf et le Lion Emmanuel Wallet, Description de l'ancienne cathédrale de Saint-Omer ( Pas-de-Calais, ci-devant Artois ), autrefois Notre-Dame de Sithiu en Morinie, maintenant paroisse de Notre-Dame, Saint-Omer/Douai, Baclé/chez l’auteur, 1839, planche III : vue du portail méridional de l’église (1792 - Saint-Omer, BA, Archives communales anciennes, CPE 652-78bis-3 - détail – ©BAPSO).
Sur ce dessin, on voit que les écoinçons sont effectivement agrémentés de deux sculptures. Ce témoignage est à relativiser car, bien que notre architecte affirme que « ces planches ont été dessinées avec l’exactitude la plus scrupuleuse » , nous avons pu constater dans une précédente étude que cette exactitude était toute relative. Nous devons donc nous résoudre à considérer que le dessin de Wallet nous permet simplement d’affirmer qu’il y avait bien, encore au XVIIIe siècle, deux sculptures en encorbellement, soutenues par des modillons. Mais elles sont acéphales et déjà fort endommagées. Celles-ci servaient peut-être de gargouilles pour évacuer l’eau de la plateforme qui couvre le porche. C’est en tout cas ce que suggère le dessin qui donne l’impression que ces sculptures sont creusées d’une rigole le long de leur échine. Mais, il peut aussi s’agir d’une vue de l'artiste qui interprète ces éléments comme des gargouilles.

Le projet de restauration proposé en 1843 par Morey ( ci-dessous à droite ), suggère que ces éléments ont été encore plus rognés. Il n’en reste alors que les modillons et la partie de la sculpture qu’ils supportent. Tout la partie en encorbellement a disparue. Cet état de conservation très lacunaire perdure au XIXe siècle, comme en témoigne une série de clichés anciens et de cartes postales. Ainsi, une photographie provenant fonds Allan-Brognart et réalisé par Fulgence de Jésus, des Frères des Écoles chrétiennes, professeur à l’école communale Sainte-Marguerite de Saint-Omer, nous montre le porche lors des travaux de restauration et d’isolement de son flanc nord dans les années 1870. Cela est confirmé par plusieurs cartes postales anciennes, pour la plupart réalisée avant 1950. morey Elles ne seront réinstallées qu’à la fin du XXe siècle, après avoir été presque intégralement reconstituées. Au vu de ces témoignage on peut légitimement s’interroger sur la raison qui a motivé le choix de restituer ces éléments sous la forme d’un lion et d’un bœuf. Sur les photographies anciennes le plus lisibles, on voit encore assez nettement qu’il reste les deux modillons et un fragment des sculptures comprenant la croupe et les pattes des deux animaux. La présence des pattes suggère que c’est sur la base de cet indice iconographique que les restaurateurs ont reconstitué le reste des sculptures. Par ailleurs, si le lion est assez commun dans le bestiaire des gargouilles, le bœuf en revanche est inhabituel dans ce contexte . En effet, le plus souvent les gargouilles présentent une iconographie qui laisse une large place à l’hybridité, l’étrange ou l’obscénité, éventuellement aussi l’exotisme en ce qu’il participe de l’étrange. C’est ce qui explique que l’on puisse occasionnellement y trouver des lions. Mais point de bœuf car c’est un animal par trop commun et placide qui remplit mal le rôle de repoussoir apotropaïque attribué aux gargouilles . Dès lors, nous pouvons supposer que les artisans qui ont restauré ces deux sculptures se sont conformés à l’iconographie originelle et que ce lion et ce bœuf étaient plus que de simples déversoirs d’eau de pluie. Il nous semble en effet que cette fonction ne leur a été adjointe que tardivement, peut-être au XVIIIe siècle si l’on se fie à la gravure de Wallet. Mais à l’origine il devait s’agir de ronde-bosse en encorbellement comme on en trouve souvent sur les porches et les portails du Moyen Âge central, et qui participent de l’iconographie du portail au même titre que les éléments sculptés du tympan, de la voussure et des ébrasements.

une tradition ancienne

De fait, le lion et le bœuf sont des motifs récurrent de la sculpture monumentale des grands portails romans. On les retrouve notamment sur la façade occidentale de l’abbatiale de Moreaux accompagnés de l’inscription : Ut fuit introïtus templi sci Salomonis sic est istius in medio bovi atq. Leonis . Un autre exemple se trouve au portail méridional de Saint-Pierre de Mortagne-sur-Sèvre, où cette fois les animaux sont figurés en marche de part et d’autre du dédicataire de l’église.
Mais c’est en Navarre et en Aragon que cette iconographie semble avoir été la plus répandue. René Crozet mentionne ainsi la présence d’un lion et d’un bœuf aux portails de San Salvador de Leyre ( XII ème siècle ), dont le tympan est soutenu par deux corbeaux ornés d’une tête de bœuf et d’une tête de lion. On les retrouve aussi à Santiago de Agïero, Peralta de Alcofea, San Miguel de Biota, San Salvador à Egea de los Caballeros, San Nicolás de Bari à El Frago, Luesia et San Felices à Uncastillo, Aguillar de Codès, San Miguel d’Estella, San Pedro d’Olite, Gazolas et Santa Maria la Real et Santiago de Sangüesa. On en trouve aussi en Italie du Nord, dans les Pouilles, à Saint-Nicolas de Bari ou à San Giovani al Sepolcro de Brindisi, où ils servent de bases aux colonnes du porche .
Cette tradition est d’ailleurs à ce point commune qu’elle est évoquée dans le Rational des divins offices ( III, 5 ) composé dans les années 1280 par l’évêque de Mende Guillaume Durand, où ce dernier donne l’interprétation allégorique des différents éléments de la liturgie chrétienne : Picturarum sive ymaginum alie sunt supra ecclesiam : ut gallus vel aquila ; Alie extra ecclesiam : sicut foris in fronte ecclesie ut bos et leo […] de quorum aliquibus sub tractatu de ecclesia dictum est a tabernacuo Moysi et templo Salomonis (des peintures ou des représentations, les unes sont sur l'église, comme le coq ou l'aigle ; les autres hors de l'église, à savoir : aux portes et au fronton du temple, comme le bœuf et le lion […] de quelques-unes desquelles il est dit dans le Traité de l'église qu'elles ont été prises et imitées du tabernacle de Moïse et du temple de Salomon ). Le « traité de l’Église » d’où l’évêque de Mende tient sa source n’est autre que la Somme des offices ecclésiastiques ( Summa de eclesiasticis officiis ) composée dans les années 1160 par le théologien parisien Jean Beleth ( 11**-1185 ), et qui fut de loin le traité de symbolique liturgique le plus répandu au XIIIe siècle. Nos deux liturgistes médiévaux confirment ainsi qu’il s’agit là d’une tradition iconographique bien établie dans la sculpture monumentale de leur époque.


Interprétation

De prime abord, on est tenté d’assimiler ce lion et ce bœuf aux animaux décrits dans la vision d’Ezéchiel et que la tradition associe, depuis les Pères de l’Église, aux figures des évangélistes sous la forme conventionnelle du Tétramorphe . Cependant, comme le soulignait déjà l’abbé Poisson à propos des sculptures de la façade de son église de Saint-Pierre de Mortagne-sur-Sèvre : « ils [ le bœuf et le lion ] ne peuvent être regardés comme des animaux évangéliques puisque les deux autres [ homme et aigle ] sont absents » . On ajoutera qu’ils ne sont pas ailés non plus, or les Vivants du Tétramorphe sont toujours munis d’ailes, conformément à la vision du prophète qui dit Ézéchiel 1, 6 : et quattuor pinnae uni ( chacun avait quatre ailes ), et pour souligner leur dimension spirituelle. Si ce ne sont pas des figures des évangélistes, à quoi font référence ces deux animaux ? Un indice important nous est donné par Jean Beleth qui précise que ces figures sont placées aux portails des églises en référence à l’ornementation du « tabernacle de Moyse et du Temple de Salomon » . C’est donc dans l’Ancien Testament qu’il faut aller chercher la source de cette iconographie. S’il n’est fait mention ni de lions ni de bœufs dans la description du tabernacle de Moïse en Exode, 25-27 et 30-40, en revanche le Temple de Salomon comprend effectivement dix bases de bronze réalisées par Hiram pour le portique du Temple. Elles sont décrites en III Roi, 7, 27-29 : et fecit bases decem aereas […] et inter coronulas et plectas leones et boves ( Il fit les dix bases d'airain […] Sur les panneaux qui étaient entre les montants il y avait des lions, des bœufs… ). Il faut donc voir en ces deux animaux, lorsqu’ils sont placés aux porches des église médiévales, une évocation de l’ornementation du portique du Temple de Salmon auquel l’Église chrétienne est très souvent comparée dans l’exégèse. L’un des principaux auteurs à en avoir parlé est le savant moine anglais Bède le Vénérable (672-736) qui lui consacre un traité entier. Il s’agit du De templo Salomonis (Patrologia Latina, 91, c. 735-808) , composé vers 729-731 au monastère de Jarrow, et dont le premier chapitre s’intitule : Quod aedification tabernaculi et templi unam eamdem Christi Eclesiam designet ( De l’édification du tabernacle et du temple qui signifie l’édification de l’église du Christ ). Isidore de Séville affirme également, dans ses Quaestiones in Veterum testamentum, LVI, 3 : Figura itaque prioris tabernaculi Ecclesiae typus est ( la figure de l’ancien Tabernacle est donc le type [ au sens éxégétique ] de l’Église ). Cette référence n’est cependant pas anodine ou simplement historique. Elle témoigne aussi d’un usage spécifique du porche des églises durant le haut et le plein au Moyen Âge.

Quand la justice était rendue au porche de l’église

De longue date des études ont démontré qu’il a été longtemps en usage de rendre la justice au porche des églises, même si les autorités ecclésiastiques ne voyaient pas toujours cela d’un bon œil, lorsqu’il s’agissait de justice civile. Ainsi, Jean-Baptiste Thiers, dans sa Dissertation sur les porches des églises, consacre son cinquième chapitre à démontrer « qu’il est défendu de tenir les Plaids & de s’assembler pour des affaires temporelles, sous les Porches, dans les Vestibules, et dans les lieux voisins des Églises » . Thiers cite de nombreuses sources interdisant les placita et les assemblées sous les porches des églises, ce qui montre en soi que c’était une tradition répandue au Moyen Âge. En outre, cet interdit concerne la justice temporelle. En revanche, la justice ecclésiastique y est régulièrement rendue. Ainsi, à Clermont-Ferrand, « une charte de 1214 prouve l’exercice de cette justice, selon le principe établi en 1197 : un homme de Saint-Alyre et un autre de Clermont (du quartier intra-muros du Port) en litige voient leur affaire portée conjointement devant le doyen de Saint-Alyre et le bailli de l’évêque, mais le plaid est tenu significativement sous le porche de la cathédrale, consacrant la prééminence seigneuriale de l’évêque » . Jean-Baptiste Thiers rappelle également que : « C’estoit encore sous les porches ou à l’entrée des églises que demeroient les penitens publics, non pas ceux du second degré […] mais ceux du premier degré [homicides, fornicateurs, etc. ] » ; et de compléter plus loin : « enfin, c’est sous les porches ou à l’entrée des églises que se fait une partie considérable de la cérémonie de conciliation des penitens publics le jeudy absolu, & que l’on fait plusieurs prières pour eux » . L’interprétation et l’usage juridique du porche des églises se fondent essentiellement sur des passages de l’Ancien Testament, dont les principales références sont Amos, 5, 15 : odite malum et diligite bonum et constituite in porta iudicium (Haïssez le mal, aimez le bien, et instaurez la justice à la porte) ; Ruth, 4, 1 : ascendit ergo Booz ad portam et sedit (Booz monta donc à la porte et s’y assit [sous-entendu : pour y rendre la justice]). Á cela s’ajoute la figure de Salomon, constructeur du Temple, et qui est présenté dans les Écriture comme un parangon de sagesse lorsqu’il s’agit de juger son peuple. En I Rois 3, 5-9, c’est d’ailleurs la seule requête que Salomon, récemment intronisé, fait à Yhavé lorsque ce dernier le visite en rêve : apparuit Dominus Salomoni per somnium nocte dicens postula quod vis ut dem tibi [] dabis ergo servo tuo cor docile ut iudicare possit populum tuum et discernere inter malum et bonum quis enim potest iudicare populum istum populum tuum hunc multum (A Gabaon, l'Eternel apparut en songe à Salomon pendant la nuit, et Dieu lui dit: Demande ce que tu veux que je te donne […] Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux ?). Les versets suivant (I Rois 3, 16-28) illustrent cela par le fameux récit du « Jugement de Salomon ». Barbara Deimling énumère les différentes fonctions juridiques des portes des églises, et cite plusieurs exemples, où dans le porche, on peut voir la sculpture du roi Salomon, avec une inscription « Locus apellacionis », provenant du XIe siècle . Ainsi, lorsque l’évêque ou le prévôt, trône à la porte de l’église pour rendre justice, il se place dans une continuité historique avec le roi-prêtre Salomon . Les porches qui s’avancent devant la porte servent alors à protéger l’assemblée des intempéries lors des cérémonie qui s’y tiennent, et les colonnes des portiques sont même parfois utilisées comme pilori . Or Salomon, rendait la justice assis sur son trône dont le décor est décrit en détail en I Rois 10, 18-20 : ecit etiam rex Salomon thronum de ebore grandem et vestivit eum auro fulvo nimis. Qui habebat sex gradus et summitas throni rotunda erat in parte posteriori et duae manus hinc atque inde tenentes sedile et duo leones stabant iuxta manus singulas et duodecim leunculi stantes super sex gradus hinc atque inde (Le roi fit un grand trône d'ivoire, et le couvrit d'or pur. Ce trône avait six degrés, et la partie supérieure en était arrondie par derrière ; il y avait des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient près des bras et douze lions sur les six degrés de part et d'autre). Dès lors les lions ont été régulièrement associés à la notion de puissance et de justice dans l’exégèse et l’iconographie chrétienne , et c’est à ce titre que l’on trouve très souvent des couples de lions sculptés aux portails des églises . Rappelons également que parmi les fausses croyances qui circulent au Moyen Âge au sujet du lion, il en est une qui présente le lion comme un animal qui sait se montrer magnanime, épargnant les hommes qui font acte de pénitence en se couchant à terre . Il n’est d’ailleurs pas anodin que les deux anneaux de bronze qui se trouvent encore sur les vantaux de la porte sud de la basilique de Saint-Omer ont la forme de protomés de lions. Il s’agit là, semble-t-il, un choix iconographique courant à l’époque puisque l’on en conserve d’autres témoignages du XIe siècle . Or, dans sa description desdits anneaux, Emmanuel Wallet rappelle : « L'abbé Lebeuf nous raconte que jadis, et surtout dans le IXe siècle, l’une des dépendances des églises où l'on prétoit les sermens, et où pouvoient s'arrêter en sûreté ceux qui y recouroient comme à un lieu d'asyle, étoit l'anneau de la grande porte qu'ils empoignoient, ou dans lequel ils passoient leur bras ». Dans un traité anonyme du XIIIe siècle, De modo bene vivendi, XVIII, 51, nos deux animaux sont interprétés dans un sens similaire si ce n’est que cette fois le lion représente la sévérité et le bœuf la mansuétude : Hinc Salomon in basibus templi Domini imaginem leonis et bovis, et Cherubim opere sculptorio lecit pingi (III Reg. VII) […] Per leonem terror severitatis figuratur; per bovem vero patientia mansuetudinis ostenditur (Ainsi Salomon choisi de faire sculpter les bases du Temple sous la forme de lions, de bœufs et de chérubins […] Par les lions est figurée la terreur de la sévérité, par les bœufs sont représentées la patience et la mansuétude) . On retrouve cette interprétation dans des Miscellanées attribuées à Hugues de Saint-Victor, où il est précisé que le prélat doit toujours tempérer sa fureur par la mansuétude, et que c’est pourquoi le lion ne va pas sans le bœuf et vice versa .
Barbara Deimling a aussi démontré que la couleur rouge, souvent choisie pour peindre les portes des églises, comme c’est le cas à Saint-Omer , renvoie aussi à la symbolique du pouvoir et du sang, en rappel de la dimension juridique de l’espace attenant . Peut-être faut-il y voir le souvenir d’un autre élément de l’ornementation du Tabernacle décrit en Exode 25, 5 : haec sunt autem quae accipere debetis […] pelles arietum rubricatas (Voici ce que vous recevrez d'eux en offrande: […] des peaux de béliers teintes en rouge), ces peaux de béliers teintes en rouge sont ensuite mentionnées à plusieurs reprise dans la description du tabernacle et servent à la confection d’une couverture pour la tente sacrée, Exode, 26, 14 : facies et operimentum aliud tecto de pellibus arietum rubricatis (Tu feras pour la tente une couverture de peaux de béliers teintes en rouge).

Le pouvoir judiciaire du chapitre audomarois

Hélas, comme le soulignait déjà Arthur Giry en 1870 : « Nous manquons presque entièrement de données sur l’exercice de la justice du chapitre. Comme l’abbaye il eut des avoués ; vers la fin du XIe siècle leur nombre état de quatre. L’un d’eux, neveu du prévôt, projetait d’augmenter son pouvoir et de le rendre indépendant […] il percevait des redevance, faisait des réquisitions, rendait la justice en l’absence du prévôt » . De fait, les archives du Chapitre audomarois ne conservent à ce jour que très peu de documents qui émanent du tribunal ecclésiastique médiéval . La plupart des archives capitulaires de nature judiciaire conservées pour les XIe-XIVe siècles sont essentiellement des affaires dans lesquelles le Chapitre est l’une des parties concernées et non le juge. Seules les liasses II G 575 et II G 579 nous ont laissé espérer trouver quelque mentions intéressantes, mais le premier est manquant, et le second ne contient aucune formule allant dans le sens de notre interprétation. Toujours est-il qu’il reste des témoignage de ce pouvoir judiciaire du chapitre audomarois. Ainsi, Louis Deschamps de Pas rappelle l’existence d’une bulle de Grégoire IX datée de 1239, qui confère au Chapitre de Saint-Omer le droit d’excommunier les malfaiteurs dans le cas où l’évêque refuserait de le faire . Il y a donc bien eu une activité judiciaire au sein de l’Enclos de la collégiale, mais nous ne savons où elle s’est tenue durant le Moyen Âge. À partir de l’époque Moderne, les actes conservés font mention d’une salle des Tenues qui n’est pas localisée sur les anciens plans à notre connaissance.

Conclusion

Bien que n’ayant retrouvé à ce jour de témoignages anciens qui attestent que la justice ecclésiastique a été rendue sous le porche méridionale de Notre-Dame de Saint-Omer, l’iconographie de son décor sculpté, la corrélation avec d’autres programmes sculptés en Occident à la même époque, et l’attestation de ces pratiques dans d’autres villes au moins jusqu’au XIII ème siècle, permettent au moins de poser l’hypothèque comme probable. Il me semble en tout cas que cette petite enquête permet de porter un regard un peu différent sur certains éléments passés jusque-ici relativement inaperçus ou négligés de de la recherche. Ils viennent en outre renforcer la grande cohérence de cet ensemble architectural placé sous la signe du Jugement du tympan à la couleur de la porte.


sources
01 Jacques Thiébaut, « La nef de la collégiale Notre-Dame de Saint-Omer et sa place dans l’architecture de la fin du Moyen Âge », dans La cathédrale de Saint-Omer : 800 ans de mémoire vive, sous la dir. de Nicolette Delanne-Logié et Yves-Marie Hilaire, Paris, CNRS, 2000, p. 318-328, le datait alors des XIVe-XVe siècles sur le plan qu’il propose au début de son article. Il suit en cela la datation proposée par Justin Deschamps de Pas, « Saint-Omer : cathédrale », dans Congrès archéologique de France - ICe session, Amiens 1936, Paris, Picard, 1937, p. 475-540, plan p. 480, description du portail p. 500-502, où il ne mentionne pas nos sculpture des écoinçons.
02 Ludovic Nys et Marc Gil, Saint-Omer Gothique, Valenciennes, PUV, 2004, p. 39.
03 Delphine Hanquiez et Michalis Olympios, « Le déroulement du chantier de construction du chœur et du bras sud du transept de la collégiale Notre-Dame de Saint-Omer », dans Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France, sous la dir. de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2017 (Revue du Nord, hors-série., coll. Art et Archéologie, 25), p. 77-89, ici p. 78. Alexandre Hermand, Époques de construction des diverses parties de l’église Notre-Dame à Saint-Omer, Saint-Omer, Chanvin fils, 1859, p. 9-10, le datait pour sa part du XIIIe siècle mais pensait que le portail avait été intégralement démonté pour être remonté à l’avant de la supposée prolongation du bras sud du transept. Cette hypothèse, régulièrement reprise par la suite (Louis Deschamps de Pas, L’église Notre-Dame de Saint-Omer d’après les comptes de fabrique et les registres capitulaires », MSAM, XXII (1990-1892), p. 143-243, ici note 1 p. 210 – celui-ci corrige néanmoins certaines interprétations erronées de son prédécesseurs, notamment celle concernant le réalisation d’un porche au début du XVIe siècle, qu’Hermand considère être l’édifice de pierre alors qu’il s’agit en réalité d’un paiement pour un ouvrage de bois) voir aussi Marie Lekane, Ludovic Nys, Benoît Van den Bossche, Emmanuel Joly, « Le portail méridional de la collégial de Saint-Omer : jalons chronologiques, critique d’authenticité », dans Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France, sous la dir. de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2017 (Revue du Nord, hors-série., coll. Art et Archéologie, 25), p. 113-152, ici p. 124-125.
04 Lekane, Nys, Van den Bossche, Joly, 2017 (cf. notre note 3), p. 113-152.
05 Emmanuel Wallet, Description de l'ancienne cathédrale de Saint-Omer (Pas-de-Calais, ci-devant Artois), autrefois Notre-Dame de Sithiu en Morinie, maintenant paroisse de Notre-Dame, Saint-Omer/Douai, Baclé/chez l’auteur, 1839, planche III : vue du portail méridional de l’église (1792). Saint-Omer, BA, Archives communales anciennes, CPE 652-78bis-3. 06 Ibidem, 3e de couv.
07 Rémy Cordonnier « L’iconographie du soubassement du portail sud de Notre-Dame de Saint-Omer », dans Sculpture gothique aux confins septentrionaux du royaume de France, sous la dir. de Ludovic Nys et Benoît Van den Bossche, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2017 (Revue du Nord, hors-série., coll. Art et Archéologie, 25), p. 173-183, nous signalions déjà, en légende de la fig. 3, que la planche de Wallet figurant les reliefs les mieux conservés du soubassement n’en respectait pas l’organisation. Par ailleurs, notre auteur signale que les arcatures sculptées du soubassement n’existaient plus que sur l’un des deux ébrasements, or sur sa vue du portail sud, les deux ébrasements sont sculptés.
08 Morey, Projet de restauration de l’ancienne cathédrale de Saint-Omer, Saint-Omer, BA, ms. 949, feuille 6. Merci à Matthieu Bécuwe de m’avoir signalé ce document.
09 Saint-Omer, BA, archives anciennes, 6Z2, pièce 5.
10 Saint-Omer, BA, archives anciennes, fonds Descelers, photographie 15, boîte 17, caisse 4 et photographie 8, boîte 18, caisse 4. Un grand merci à Julie Ballanfat qui a porté ce cliché à ma connaissance.
11 Saint-Omer, BA, archives anciennes, 1 Fi 159 ; 1 Fi 892 ; 40 Fi 962 ; 40 Fi 965 ; 40 Fi 967 ; 40 Fi 970 ; 40 Fi 971 ; 40 Fi 975. Pour la plupart provenant du fonds Gracia, et reproduites sur la bibliothèque numérique de la Bibliothèque d’agglomération du Pays de Saint-Omer.
12 La littérature sur les gargouilles médiévales est pléthorique, nous avons consulté le mémoire de Master professionnel de Florian Bouquet, Un patrimoine « sculptural » et « monstrueux » : les gargouilles », sous a dir. de Karin Ueltschi-Courchinoux, Université de Reims, 2017, qui établit la liste des 50 gargouilles de la basilique Saint-Urbain de Troyes, parmi lesquelles on trouve trois lions (n°1, 8 et 27), mais aucun bovidé. Voir Pierre-Olivier Dittmar et Jean-Pierre Ravau, « Signification et valeur d’usage des gargouilles : le cas de Notre-Dame de l’Epine », dans J.-B. Renault (éd.), Notre-Dame de L'Epine 1406-2006. Actes du colloque international. L'Epine-Châlons 15 et 16 septembre 2006, t. II, 2008 (Etudes Marnaises, t. CXXIII), p. 38-80.
13 Dittmar et Ravau, 2008 (cf. notre note 12), qui recensent 3 bovidés parmi les gargouilles de Notre-Dame de l’Épine, mais ce sont tous des ajouts du XIXe siècle ; voir aussi Gil Bartholeyns, P.-O. Dittmar, Vincent Jolivet, Image et Transgression au Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France, 2008.
14 J. P. Migne, Nouvelle encyclopédie théologique, Paris, 1852, t. XII, c. 57.
15 Abbé Corblet, « étude iconographique sur le lion et le bœuf sculptés aux portails des églises », Mémoires de l’Académie des sciences, Belles-Lettres, arts, agriculture commerce, du département de la Somme, 2e sér. T. II (1962), p. 449-468.
16 René Crozet, « Recherches sur la sculpture romane en Navarre et en Aragon (suite et fin) », Cahiers de civilisation médiévale, 12e année, 45 (Janvier-mars 1969), p. 47-61, ici n. 26 p. 59.
17 Marcello Angeben, « Les animaux stylophores des églises romanes apuliennes. Étude iconographique », Arte medievale, nouv. série, 1-2 (2002), p. 97-117.
18 Guillelmum Durandi, Rationale divinorum officiorum, ed. Boneto Locatelo, Lyon, Jacques Sacon pour Jacques huguetan, 1512, f. iiiiv.
19 Rational ou manuel des divins offices de Guillaume Durand, trad. par Charles Barthélemy, Paris, Louis Vivès, 1854, T. I, p. 44.
20 Ez. 1, 5-12 : et ex medio eorum similitudo quattuor animalium […] similitudo autem vultus eorum facies hominis et facies leonis a dextris ipsorum quattuor facies autem bovis a sinistris ipsorum quattuor et facies aquilae… (Au centre encore, apparaissaient quatre animaux […] Quant à la figure de leurs faces, ils avaient tous une face d'homme, tous quatre une face de lion à droite, tous quatre une face de bœuf à gauche, et tous quatre une face d'aigle ».
21 L’association la plus couramment admise est celle de Jérôme de Stridon dans sa préface au commentaire sur l’évangile selon Matthieu, où il associe l’homme à Matthieu, le lion à Marc, le bœuf à Luc et l’aigle à Jean. Mais augustin d’Hippone, dans son De consensu evangelistarum 1, 6-9 & 4, 10-11 ainsi que dans son Traité sur l’évangile selon Jean 36, 5, attribue l’homme à Marc et le Lion à Matthieu. Irénée de Lyon donne pour sa part le lion à Jean et l’aigle à Marc.
22 Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau, La Bible et les saints, Paris, Flammarion, 2008 (1990), p. 318-319 .
23 Corblet, 1962 (cf. notre note 15), p. 429.
24 Jean Beleth, Summa de ecclesiasticis officiis, ed. Herbert Douteil, Turnhout, Brepol, 1976 (Corpus Christianorum Continuatio Medievalis, XLI A), p. 154-155.
25 Pour une édition plus récente voir Beda Venerabilis, Opera exegetica, éd. D. Hurst, Turnhout, 1969 (Corpus Christianorum Series Latina, 119A).
26 Sur la justice ecclésiastique au Moyen Âge on pourra consulter avec fruit Béatrice Fourniel (dir), La justice dans les cités épiscopales du Moyen Âge à la fin de l’ancien régime, Toulouse, Presses Universitaires de Toulouse I Capitol, 2014.
27 Jean-Baptiste Thiers, Dissertation Sur Les Porches Des Églises, Orléans, François Hostot, 1679, chap. V (en ligne).
28 E. Grelois, « La justice dans la cité de Clermont du XIe au XIVe siècle : formation et maintien d’un monopole ecclésiastique », dans Fourniel, B. (éd.), La justice dans les cités épiscopales : Du Moyen Âge à la fin de l’Ancien Régime. Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2014. doi :10.4000/books.putc.9437.
29 Jean-Baptiste Thiers, Dissertation Sur Les Porches Des Églises, Orléans, François Hostot, 1679, chap. V (en ligne), p. 48-49.
30 Ibidem, p. 54.
31 Barbara Deimling, « Le portail d’église au Moyen Age et sa signification juridique historique », dans L’art Roman : Architecture, Peinture, Sculpture, ed. Rolf Toman, Achim Bednorz, Paris, Place des Victoires, 2005, p. 324.
32 Et sous l’autorité directe du Christ juge très souvent figurés au tympan du portail comme c’est le cas à Saint-Omer. Voir V. Lőrincz, « La symbolique juridique de la « porta speciosa » de la cathédrale archiépiscopale d’Esztergom en Hongrie au XIIe siècle », dans Fourniel, B. (éd.), La justice dans les cités épiscopales : Du Moyen Âge à la fin de l’Ancien Régime. Presses de l’Université Toulouse Capitole, 2014. doi :10.4000/books.putc.9332.
33 Barbara Deimling, « Ad Rufam Ianuam : Die Rechtsgeschichtliche Bedeutung von ‘Roten Türen’ Im Mittelalter », Zeitschrift Der Savigny-Stiftung Für Rechtsgeschichte. Germanistische Abtheilung, 115 (1998), p. 504.
34 Isa Ragusa, « Terror Demonum and Terror Inimicorum: The Two Lions of the Throne of Solomon and the Open Door of Paradise », Zeitschrift Für Kunstgeschichte 40, n° 2 (1977), p. 100-101.
35 Voir notamment Robert Favreau, « Le thème iconographique du lion dans les inscriptions médiévales », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 135, no 3,‎ 1991, p. 613-636.
36 Isidore de Séville, Étymologies, XII, 2, 6, éd. et trad. Jacques André, paris, Belles-Lettres, 2012 (2e tirage), p. 90-91. J. André précise qu’Isidore qui emprunte ce passage à Servius, Commentaire sur l’Eneide, 1é, 6 et Solin, Collectanea, 27, 6. Voir aussi Pline, Hist. nat., 8, 84 et 56-58. Ce passage d’Isidore est aussi repris dans le Bestiarium, toute famille confondues, et dans ses traductions vernaculaires. C’était donc un thème bien connu à l’époque.
37 La France Romane au temps des premiers Capétiens (987-1152), sous la dir. de Danielle Gaborit-Chopin, catalogue de l’exposition du Louvre (6 mars - 10 juin 2005), Paris, Hazan, 2005, cat. 90-91 p. 136-137.
38 Wallet, 1839 (cf. notre note 5), p. 89.
39 Jean Leboeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, I-2, Paris, Prault Père, 1754, p. 375. Voir aussi Hahnloser, « L’anneau de Bronze du portail médiéval », dans les Actes du XIXe Congrès international d’Histoire de l’art, (Paris, 8-13 septembre 1958), Paris, Bulletin Monumental, 1960.
40 Patrologia Latina, 184, c. 231B.
41 Patrologia Latina, 111, c. 872D : Salomon in basibus luteris, in templo imaginem cherubim leonis et bovis fecit depingi (III Reg. VII). Bases in templo summi sacerdotes in Ecclesia, qui sollicitudem regiminis accipiunt, quasi bases separatae, ut onus portent.Cherubim plenitudo est scientiae: quae bene basibus imprimitur, quoniam decet ut summi sacerdotes plenitudine scientiae repleantur. Per leonem terror veritatis; per bovem patientia mansuetudinis. Igitur in basibus nec leones sine bobus, nec boves sine leonibus imprimuntur, quia in sacerdotibus debet esse mansuetudo et ira, ut in furore sciant iram temperare, et in mansuetudine excitare.
42 Là encore rien ne permet d’affirmer que cette couleur est ancienne mais rien ne l’infirme non plus et il est acceptable de considérer que les rafraichissement réguliers de la peinture aient été fait suivant la tradition. Cf. Saint-Omer, BA, archives anciennes, II G 2831-2, f. 22 et f. 24 qui mentionne des paiements pour la remise en peinture de la porte sud au XVI siècle, mais hélas sans préciser la couleur.
43 Barbara Deimling, 1998 (cf. notre note 32), p. 498-513.
44 L’avoué est un « laïque chargé par les seigneurs ecclésiastiques de défendre les droits des églises ou abbayes » (définition du Trésor de la Langue Française – consulté en ligne). Voir Véronique Beaulande-Barraud et Martine Charageat, Les officialités dans l'Europe médiévale et moderne : des tribunaux pour une société chrétienne (actes du colloque international, Troyes, 27-29 mai 2010), Turnhout, Brepols, 2014.
45 Arthur Giry, Histoire de la ville de Saint-Omer et de ses institutions jusqu’au XIVe siècle, Paris, F. Vieweg, 1877, p. 143.
46 Ils sont un peu plus nombreux pour l’époque moderne, lors que la ville devient siège épiscopal.
47 Louis Deschamps de Pas, Histoire de la ville de Saint-Omer depuis son origine jusqu’en 1870, Arras, Sueur-Charruey, 1880, p. 184.

le boeuf  sur le pignon  du transept  sud  de Notre-Dame de saint-omer


le lion   sur le pignon  du transept  sud  de Notre-Dame de saint-omer


porche sud -  cathédrale de saint-omer - sculptures du boeuf et du lion


porche sud -  cathédrale de saint-omer - sculptures du boeuf et du lion


Porche sud de Notre-Dame de saint-omer
Porche sud de Notre-Dame de saint-omer
Porche sud de Notre-Dame de saint-omer
Porche sud de Notre-Dame de saint-omer


porche sud embrasure est -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026


porche sud linteau -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026


porche sud tympan -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026

Sur la photographie ci-dessus, nous pouvons constater que le Tympan est étonnamment bien conservé, il a obligatoirement été restauré en partie ou en totalité. Sur la lithographie d'emmanuel Wallet parue en 1839 toutes les figurines sont très dégradées ( photographie ci-dessous ), le travail de restauration fut donc effectué lors de la grande campagne de 1860.
Pour les passionnés d'archéologie architecturale, et afin d'avoir les détails de chaque figurine restaurées nous vous recommandons le magnifique livre de "LUDOVIC NYS, BENOÎT VAN DEN BOSSCHE Hors série N° 25. 2017 de la Revue du Nord" ICI mise à jour du 04/04/2026.

porche sud tympan -  cathédrale de saint-omer - dessin de wallet en 1839 - - 04/04/2026




Tour Porche ouest de Notre-Dame de saint-omer| vous pouvez voir en bas à droite l'entrée de l'accès à la Tour qui était réservée au guetteur


porche sud trumeau et vierge -  cathédrale de saint-omer - 02/04/2026
Porche sud de Notre-Dame de saint-omer - embrasure est partie basse


Porche sud de Notre-Dame de saint-omer - embrasure est partie basse


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